Ei, A/V installation, 2011
Paysages naturels et urbains dĂ©construits sây dĂ©ploient sur fonds musicaux «électro-organiques», trames sonores qui miroitent auditivement lâarchitecture des images en mouvement et qui, inversement, y laissent des traces visibles graphiquement. «ei», nouvelle Ćuvre inspirĂ©e de tableaux peints par Edward Ruscha, est sa proposition la plus Ă©purĂ©e Ă ce jour. Lâartiste poursuit son exploration des notions du double, de lâabandon et de la disparition dans cet environnement immersif qui sonde lâespace mythique des dĂ©serts amĂ©ricains.
De longs panoramiques y investissent progressivement toute la surface de lâĂ©cran. Ils dĂ©filent en bandes horizontales mouvantes, une composition en strates renvoyant tant Ă lâordre gĂ©ologique (couches de sĂ©diments) quâĂ un formalisme bien assumĂ©. Au-delĂ de ces rappels, le morcellement de la surface, le dĂ©doublement de prises de vue et le prolongement dâactions au sein mĂȘme de certaines images accentuent lâimpossibilitĂ© de saisir les motifs dâorigine dans leur globalitĂ©. Ce sont quelques parcelles conservĂ©es en mĂ©moire qui permettront de rĂ©vĂ©ler les translations opĂ©rĂ©es par lâartiste; malgrĂ© lâimpression dâunitĂ© spatiale et temporelle qui peut se dĂ©gager de lâensemble, lâon y retrace ainsi de multiples paysages. Cela dit, les scĂšnes captĂ©es sont agencĂ©es et recadrĂ©es sans autres interventions, (rĂ©)activant divers accidents naturels en guise de liants : le tracĂ© sinueux des routes et de la crĂȘte des montagnes, la vĂ©gĂ©tation Ă©parse Ă©mergeant des diffĂ©rentes tonalitĂ©s de sable⊠Lâartiste nâen altĂšre ni le dĂ©pouillement, ni le lyrisme intrinsĂšque, sâen remettant Ă ce quâelles lui inspirent intuitivement â lâimmensitĂ©, le vide, le silence â une expĂ©rience et une attente quâelle cherche Ă retranscrire en musique.
La bande sonore enveloppante qui en rĂ©sulte plonge le visiteur dans un univers dâautant plus ambigu, une ambiance dĂ©routante qui infuse une tension narrative aux vidĂ©os. Notes, murmures et grĂ©sillements Ă©voquent Ă la fois foulĂ©es humaines, pullulement dâinsectes ou vrombissements atmosphĂ©riques. Enfin, la mise en espace de lâinstallation permet dâapprofondir davantage les questionnements de Rajotte sur lâinteraction Ćuvre/spectateur : les projections se situant dans un espace restreint, ce dernier est contraint de se mouvoir, un dĂ©placement dans lâĆuvre qui, selon lâartiste, «sâintĂšgre dans une trame temporelle, tel un plan-sĂ©quence».
– GeneviĂšve BĂ©dard
Lâartiste remercie le Conseil des arts du Canada et Perte de signal.
«ei» fait l’objet d’entrevues radiophoniques Ă l’Ă©mission In situ sur les ondes de CIBL et Espace Visuel, CINQ FM 102,3.
Entrevue de Nelly-Ăve Rajotte Ă l’Ă©mission In Situ (In situ, 2 fĂ©vrier 2011)
Entrevue de Nelly-Ăve Rajotte Ă l’Ă©mission Espace Visuel (Espace Visuel, 10 fĂ©vrier 2011)
Ei documentation exposition Optica 2011 from Perte de Signal on Vimeo.
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Deconstructed natural and city landscapes unfold on an « electro-organic » musical backdrop. The soundtracks, shimmering reflections mirroring the structure of the moving images, leave their own visual traces. « ei », a new work inspired by the paintings of Edward Ruscha, is her purest expression to date, as she continues her investigations of the concepts of the double, of abandonment, and of disappearance in an immersive environment that sounds out the mythical spaces of the American desert.
Long panoramic shots gradually invest the entire screen area. They stream by in horizontal bands, a layered composition suggesting geological strata (sedimentation) as much as a well-asserted formalism. Beyond these references, the fragmented surface, the proliferation of points of view, and the extension of actions into some of the images themselves all accentuate the impossibility of fully grasping the original motifs. A few fragments preserved in memory reveal the artistâs translations; despite the sense of spatial and temporal unity suggested by the presentation, one can trace a number of landscapes therein. That said, captured scenes are arranged and reframed without further intervention, (re)activating various natural occurrences as binding elements: the winding tracks of roads and mountain ridges, sparse vegetation emerging from multi-tonal drifts of sand⊠The artist preserves their spareness and intrinsic poetry, focusing on the intuitively inspiringâimmensity, emptiness, silenceâ, an experience and expectation she strives to transcribe into music.
The enveloping soundscape plunges visitors into an uncertain universe, a troubling atmosphere that injects the video images with narrative tension. Notes, sussurations, and cracklings suggest buzzing insects, footfalls, atmospheric rumblings. Finally, the installational setup allows Rajotte to pursue her interrogation of the interactions between spectator and art work: projections are located in a constrained space, forcing visitors to move. According to the artist, this movement within the work becomes a part of the temporal plotline, much like a shot sequence.
– GeneviĂšve BĂ©dard




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